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Saleem Ul Haq, COO de la Bank One : "Maurice est l'un des rares marchés à disposer d'un cadre pour les crypto-monnaies et la Blockchain"

In: Finance | September 2019

L'Eco austral numéro 342, août 2019 

L'Eco austral : La FinTech connait une croissance très rapide dans le monde. Les investissements explosent, les estimations dépassant les 20 milliards de dollars. Alors que Silicon Valley, New York et Londres se disputent la première place, les technologies FinTech représentent une révolution mondiale. Le secteur bancaire est mis à rude épreuve et les 10 prochaines années verront plus de changements en matière de monnaie et de finances que les 100 dernières années. En tant qu'expert, comment voyez-vous cette nouvelle donne affecter le fonctionnement des banques?

Nous considérons la technologie Fintech davantage comme une opportunité plutôt qu'une menace. La collaboration avec la Fintech peut aider les banques à découvrir les nouveaux besoins des clients et de nouvelles opportunités. Maurice peut jouer sur la carte mondiale en proposant des solutions aux clients internationaux et en apportant l’expertise d’autres marchés sur le marché local.

Chez Bank One, nous voyons dans le secteur bancaire une plate-forme où tout le monde peut proposer des produits et services et où les banques et la technologie Fintech auront un rôle important à jouer. Aujourd’hui, il n’y a pas de frontières, tous les types de Fintech peuvent s’installer à Maurice. Cela va bouleverser le commerce traditionnel des banques.

Les comportements et les attentes des clients vis-à-vis de leur fournisseur de services financiers évoluent également en raison de l'exposition à de nouvelles applications, réseaux sociaux et services disponibles en ligne, comme Amazon, Facebook ou eBay par exemple. Ils attendent donc un service rapide, simple et instantané de la part de leurs banques. C’est là que réside le défi ! La concurrence ne concerne plus uniquement les banques locales. Pour que celles-ci puissent faire face à la concurrence, certains facteurs critiques doivent être présents pour aider à éliminer les frictions et faciliter l'accès à l'identité. Nous voyons déjà que cela est pris en charge localement par le biais d'initiatives telles que le National Payment Switch et le registre central des clients.

L'Eco austral : L'une des priorités clés du budget 2018/2019 consiste à adopter les technologies financières et à positionner Maurice en tant que hub pour l'Afrique. Comment voyez-vous l'évolution du secteur? 

Nous avons assisté récemment à de nombreuses initiatives de la part des différents acteurs de l'écosystème. A titre d’exemple, le gouvernement en promouvant l'innovation dans l'espace financier en fournissant des licences régulatrices (Regulatory Sandbox License – RSL) ce qui permet une validation plus rapide des concepts et le déploiement de nouveaux services. Maurice est l'un des rares marchés à disposer d'un cadre pour les crypto-monnaies et le Blockchain, ce qui est un très bon début. Il reste cependant encore beaucoup à faire : subventions sur l'innovation, plateforme d'échange d'API, facilitation de la collaboration de l'industrie avec l'utilisation de Blockchain, initiatives de paiement plus rapides et Festivals Fintech, notamment les hackathons... 

L’Afrique est un marché tout à fait unique pour la Fintech, étant donné le faible pourcentage d’Africains ayant un compte bancaire et un accès aux services financiers. Maurice étant un centre financier international, se trouve bien placée pour devenir un hub Fintech en misant sur un marché financier stable dans le but de fournir la bonne plateforme aux investisseurs.

L'Eco austral : Comment la Fintech peut-elle aider les petites et micro entreprises?

Les petites et micro entreprises jouent un rôle important à Maurice et en Afrique dans l’économie. À mesure que nous introduisons la technologie numérique, il est possible de créer des plateformes de marché sur lesquelles les petites entreprises pourront promouvoir leurs produits et leurs services, tandis que les grandes entreprises ou les particuliers peuvent facilement accéder à leurs achats via le commerce électronique. Les banques et la technologie Fintech peuvent également co-développer des solutions pour alléger la chaîne d'approvisionnement et fournir les services financiers requis, par exemple, contribuer à rationaliser les flux de trésorerie en proposant différentes options de financement. Plusieurs modes de paiement peuvent également être mis à disposition sur ces plateformes afin d’aider les acheteurs et les vendeurs à choisir le moyen le plus pratique pour eux. Ces initiatives profiteront à tous les acteurs de l'écosystème commercial et contribueront également à réduire l'utilisation de l'argent liquide. D'autres plateformes telles que le financement participatif peut offrir davantage d'options aux petites et micro entreprises pour trouver des fonds dans le but de développer leurs activités.

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